Et m’y voici !

Le JOUR J. Celui pour lequel j’ai effectué déjà 6 jours de treks intenses ! Aujourd’hui, je m’en vais au Camp de base de l’Everest!

J’ai suivi un groupe très sympa mais voici le récit d’une des meilleures journées de ma vie :

GORAK SHEEP – 5100m d’altitude

Mon rendez-vous pour partir à l’acension vers le Base Camp est prévu à 12h. J’ai besoin d’une sieste après les 6 jours que je viens de vivre. Près de 70km parcourus mais surtout 2200m de dénivelés.

Je me réveille donc, gonflé à bloc en ce 18 Février, le temps est sublime. Je suis prêt.

Je descends et…mais…où sont les autres ?! Un guide m’indique qu’ils sont déjà partis il y a une demi-heure ! L’enflure !

Je suis seul, sans guide puisque l’un d’entre eux était agacé que j’accompagne ses clients sans le payer. J’ai un coup de flippe, ce n’est pas à cette altitude qu’on se sépare les uns les autres!

Tant pis, c’était après tout mon objectif de base : monter l’EBC tout seul, sans guide et sans porteur ! Alors fuck it and Walkwithme! 

Je me lance dans l’ascension avec la rage au ventre. Je vais leur montrer moi.

Gorak Sheep route et Kala Patthar

La route est magique, mélant cratères de glaciers, et rochers dignes du Mordor, puis un paysage lunaire…Je me perds deux trois fois car mon esprit est absorbé par cette contemplation.

Route vers le Kala Patthar et EBC

Je suis obligé de rejoindre la route principale en sautant de rochers en rochers tel un Gollum essouflé. J’escalade un petit peu, manque de tomber une ou deux fois dans des crevasses, mais tout va bien. Il ne faut surtout pas relacher son attention. Un pas après l’autre.

Je rattrape finalement mon groupe qui semble peiner davantage avec l’altitude. Je les salue rapidement et continue à mon rythme : je n’ai jamais été aussi proche du but et je n’ai pas eu besoin d’eux. Ma fierté me submerge tandis que j’accélère le pas.

Et le voici…Le camp de base de l’Everest 5365m d’altitude.

camp de base de l'Everest

Tant d’alpinistes ont séjournés ici pour tenter l’impossible au péril de leur vie.

Camp de base Everest Khumbu
On peut voir le Khumbu Icefall si fatal pour les grimpeurs, juste ici

En étant si près on se dit que c’est finalement pas si haut que cela. Puis on essaye de parler pour faire une vidéo et on s’aperçoit que si…Faire 4000m de plus me semble impossible…

Je contemple les alentours et le paysage est pharamineux, j’en ai des frissons.

Voici un rêve accomplit. Une chose que l’on ne pourra jamais me retirer.

« Rire de la mort, car elle ne se prive pas de se rire de nous. »

Je repars et un guide sur le chemin du retour me suggère de rejoindre mon groupe qui se dirige vers le Kala Patthar (5500m) pour admirer le plus beau coucher de soleil sur la vallée du Khumbu. J’hésite. Je suis épuisé et ne sens déjà plus mes jambes, mais après tout je suis ici…Cela serait criminel de rentrer.

Je n’ai plus d’eau cependant…Il ne me reste que 2h30 avant le coucher du soleil. Je file vitesse grand V au lodge de base, remplis ma gourde et me retrouve face à face avec ce géant de pierre noire dont le sommet me paraît infiniment haut.

Kala Patthar montée

Slow and steady qu’ils disent, lentement mais surement, c’est le meilleur moyen d’atteindre son objectif en Montagne sans passer par la case hélico.

Mes tempes commencent à sérieusement s’enflammer…de plus en plus fort. Je remonte mon cache nez sur mes oreilles car le vent frais peut me filer une migraine qui pourrait m’être fatale.

Je prolonge de plus en plus mes respirations pour aider mon coeur à tenir.

Il tambourine comme un fou…Je suis à présent à l’ombre et le froid saisit mon corps déjà beaucoup trop déshydraté.

J’avance à la vitesse d’un cosmonaute asthmatique. Chaque pas est une épreuve. Je tâche de ne pas regarder le sommet pour ne pas me décourager. J’ai encore le temps…Ne pas s’arrêter trop longtemps, rester mobile…

J’apercois au loin le guide Népalais et mon ami Française qui atteigne bientôt le sommet. Plus que 40 minutes…Je peux le faire, clairement.

Merde, ma tête commence à me faire vraiment mal. J’ai envie de rejoindre le soleil pour qu’il me réchauffe un peu, mais celui ci remonte beaucoup plus vite que moi, me laissant dans l’obscurité.

Je percois le dernier symptôme du mal d’altitude et l’un des plus désagréables : j’ai la nausée…Le mal de tête couplé à cela est souvent un excellent indicateur pour vous dire de redescendre ! Au plus vite !

Je ne m’arrête plus cependant, et atteint enfin le sommet du Kala Patthar juste à temps : 5 minutes pour souffler bruyamment, puis j’assiste à encore aujourd’hui l’un des plus inoubliables couchers de soleil de ma vie.

J’ai froid, je n’arrive pas à reprendre mon souffle, et mes jambes ont capitulés, mais je pleure, nerveusement, d’une joie sans précédent. Cette beauté je l’ai cherché, je me suis battue pour, et rien n’a autant de saveur qu’une récompense bien méritée.

A bientôt mes aventuriers 🙂

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