Après m’être revigoré à Tengboche me voilà prêt à monter encore un petit peu !

Dingboche est l’objectif du jour. 4400m…

Je passe aux choses sérieuses.

J’ai eu la chance inouïe de rencontrer une Française à Tengboche qui faisait le même trajet avec son guide Népalais et un compère Coréen. Le guide n’est pas très chaud mais après tout le chemin est pour tout le monde ! Je n’écouterais pas ses explications et tout le monde s’y retrouve.

Je les rejoins donc sur le trajet et montre avec entrain à quel point je gambade aisément.

Je suis en pleine euphorie d’altitude.

bonheur de montagne sur la route de Dingboche

Pas besoin de préciser que la route est de plus en plus hallucinante. En terme de paysage, c’est de loin mon chemin favori ! (Tengboche à Dingboche)

Dingboche stupa Ama Dablam

Dingboche yak et ama dablam

L’altitude commence à se faire sentir. L’étape est de 9kilomètres, mais nous le faisons en 5h30.

Dingboche route stupa everest trek

J’arrive au refuge assez fier, et légèrement étourdi.

La chaleur du poêle est cette fois-ci malsaine et je chope un mal de crâne épouvantable. Ma tête est compressée, et mon corps est lourd. Je me lève et me rassoit direct. Ok… Là je le sens.

« Un thé avec beaucoup de sucre s’il vous plait ! »

Je décide de m’acclimater une journée supplémentaire ici. Pas besoin d’insister, j’ai suffisamment lu de conseils de professionnels sur ce mal d’altitude. Tiens je les résume dans cet article d’ailleurs !

Contrairement à moi, un allemand a tenté l’expérience d’aller au dessus de 5000m… sans aucune journée d’acclimatation depuis le départ !

Et c’est son guide Népalais qui lui a dit que ce serait ok ! Quelle folie!

Comme quoi. Il y a des incompétents partout. Soyez vigilants et écoutez-vous davantage que le guide.

En tout cas pour notre ami germanique l’aventure s’arrête ici.

Vu son état proche de la zombification, et après avoir gerbé trois fois, il redescendra sans jamais avoir atteint le camp de base.

Je me retourne et me rassure égoïstement en regardant mon nouvel ami Coréen, qui peine également. Il ne continuera pas avec nous.

Et là ! Comble de la déchéance ! Un groupe d’étudiants chinois, s’arrête dans l’auberge. Ils affichent les mines les plus déconfites que j’ai jamais vu. Apparemment, leurs parents les obligent à se lancer dans cette aventure, pour qu’ils puissent l’inscrire sur leurs CV. Sauf que monter à cette altitude sans être un minimum en forme et surtout motivé relève du masochisme.

Qu’est-ce que l’on ferait pas pour rajouter des lignes à son CV…

Je me dis que finalement je suis plutôt bien compte tenu des circonstances. On me propose une rando d’acclimatation demain. J’accepte volontiers. Nous montons à 5100m vers un superbe point de vue à partir de Dingboche. En y allant à mon rythme ça ira.

Après une bonne nuit de sommeil à 4300m me voilà prêt : je vais monter aujourd’hui au dessus du Mont Blanc ! Prends toi ça la France !

Je suis content d’être accompagné à présent. La force d’un groupe est un réel moteur. J’espère les garder jusqu’à l’objectif final !

Se surpasser… Repousser ses limites, jusqu’à l’irréalisable. Notre esprit a cette capacité. Notre cerveau tient les rênes d’un corps docile aux caresses de l’esprit.

J’avance… Des formes lumineuses apparaissent parfois devant mes yeux. Je souffle. Le vent glacé me gifle le visage. Remonter mon cache nez jusqu’aux oreilles pour ne pas choper la migraine…

Je savais que cela serait dur, mais putain j’en chie !

L’objectif est juste là, à portée de chaussures. La Montagne me défie paisiblement, je ne peux m’arrêter maintenant. Je regarde Dingobche en contrebas et voit la distance parcourue… Qui ne semble pas si énorme. Ok, continuer sans réfléchir à présent.

Objectif atteint mes petits aventuriers ! Le plus beau point de vue se trouve bien près de Dingboche à 5100m. Apparemment avoir atteint cette altitude va bien nous aider pour la suite ! Ce n’était pas si terrible (me dis-je une fois en haut)

J’aimerai que la vie soit aussi simple que cela : aller d’un point A à un point B sur un chemin semé d’embûches, mais au moins on sait où l’on va.

Je savoure ma victoire, et vous partage mon bonheur pur et innocent là-haut.

Dingboche point de vue walkwithme

panorama point de vue dingboche

Je dors le lendemain à Lobuche à 4900m, sans doute l’altitude la plus haute à laquelle je dormirai dans ma vie. Non seulement, je me réveille toute les deux heures, j’ai du mal à respirer, il fait si froid que l’eau dans ma gourde a gelé, et j’ai fait des rêves de psychopates.

Mais mine de rien…

Everest, je me rapproche de toi !

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