Une idée m’est apparue comme une évidence à la fin de mon périple en Asie :

Je dois voir l’Himalaya !

Khumbu…Le lieu où tous les sommets culminent à des altitudes défiants chaque hommes, et leurs ambitions.

La Montagne est une divinité en soi. Quiconque veut se mesurer à elle, en assume les conséquences. 

Khumbu… La région où siège fièrement le plus haut sommet du Monde.

J’atterris à Kathmandou, une ville ô combien perturbante de par sa pollution, sa poussière constante, ses rues encore dévastées du dernier tremblement de terre, et de ses badauds nous accostant pour de l’herbe ou des filles…

Mais je ne suis ici que pour une chose : me ressourcer, acheter mon équipement et direction Lukla en avion (300$ le billet, ce qui a fait sauter mon plafond de retrait…Je pars donc là-haut avec seulement 100$ en poche…Première erreur…)

Le jour J arrive, et je me suis renseigné après avoir pris mon billet : ma destination dispose de l’aéroport le plus dangereux du Monde, puisque la piste ne fait que 500m de longueur…

Je transpire déjà avant de monter dans ce coucou, j’ai une boule au ventre…Nous sommes 12 passagers incluant l’hôtesse.

khumbu lukla avion

Cet avion est en carton pâte…

Mon angoisse prend de l’ampleur lorsqu’un véhicule s’arrête et dépose un siège supplémentaire à installer dans l’allée centrale. Puis une hôtesse vient servir deux cafés aux pilotes qui le boivent …directement dans le cockpit. Je ne peux réprimer un rire nerveux.

Chaque bourrasque de vent manque de faire retourner l’engin…

On nous distribue des cottons  à placer en boule dans les oreilles…Nous prenons effectivement de l’altitude et même la vue magnifique ne suffit pas à m’apaiser.

Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie en avion. Les locaux qui m’accompagnent ont dû bien rigoler de me voir livide..

khumbu vallée lukla peur avion

Enfin j’atterris et me voici déjà à 2800m d’altitude dans la première étape de mon périple.

J’enfile le sac et c’est parti pour des paysages déjà plus qu’hallucinants :

Je traverse de nombreux petits villages où les inscriptions ancestrales bouddhistes, les moulins à prières et les stupas me plongent dans une atmosphère profondément spirituelle.

stupa et inscriptions prieres lukla himalaya

Je suis gonflé à bloc et mon allure est plutôt encourageante. Khumbu je te défie!

Je croise de nombreux ânes et vaches transportant des charges du village de Lukla jusqu’à Namche, mon premier objectif pour faire une pause.

Des humains transportent également des charges pouvant aller jusqu’à 90 kilos! (je vous invite à lire cet article à ce propos)

Seuls certains porteurs peuvent transporter de lourdes charges au dessus de 4000m d’altitude. Etre né à plus de 3000 forge des machines de guerres en terme de résistance physique!

Je souhaitais atteindre Namche dès le premier jour (18km) mais la route me semble à présent ambitieuse, surtout que nous sommes déjà à 3400m.

Je refuse plusieurs fois l’aide de porteurs et de guides qui sont inquiets de me voir seul avec mon sac. « Il ne fait que 13 kilos, mais merci quand même ! »

Il y a apparemment un Français et un Américain dont ils n’ont encore pas retrouvés les corps….Disparus depuis 1 an. Ils ont pu tomber n’importe où et les équipes de recherches manquent cruellement de moyens je pense.

corbeau népalais khumbu

Je dors à Monjo, puis entame une très longue montée vers Namche…Heureusement que je n’ai pas tenté de la faire hier soir après les 15 km que j’avais effectué !

Je dépasse de nombreux porteurs qui soit me snobbent complétement soit me répondent d’un grand Namasté souriant.

La zone est très touristique en Avril/Mai, ils doivent être fatigués de supporter les touristes : j’ai bien fait d’y venir en Février.

La vallée du Khumbu est déjà magnifique, immense et indomptable…Je me sens à la fois tout petit et puissant d’en faire parti.

J’arrive à Namche en pleine forme. Nous sommes ici sur la dernière grande ville du parcours.

L’occasion de prendre une douche chaude, de boire une dernière bière, de retirer des sous et d’acheter les équipements appropriés.

Je ne saurai dire si c’est l’altitude, la marche, les drapeaux de prières, la méditation, le soleil ou les grands espaces, mais je me sens parfaitement heureux, épanoui et à ma place en cet instant précis…

One Reply to “Khumbu et départ! : Le camp de base de l’Everest? Pourquoi pas… (Part 1)”

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